Réduire les émissions de méthane - pour un air et un climat plus propres

Conférence le 7 novembre 2019 à Bruxelles

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Impacts et scénarios des émissions de méthane

Le méthane est un gaz à effet de serre majeur et est responsable de 24 % du réchauffement climatique à ce jour. Dans l'Union européenne, 54 % du méthane provient de l'agriculture, dont 81 % de la fermentation entérique, 17 % du fumier et environ 1 % de la culture du riz. Dans l'UE, le secteur qui émet le plus de CH4 est l'agriculture, et en particulier l'élevage. La production d'énergie est une autre source importante de CH4 : au cours des 30 dernières années, avec la réduction de la production de charbon en Europe, les émissions provenant de l'extraction du charbon ont considérablement diminué (77 %), tandis que celles provenant de l'exploitation du gaz naturel ont augmenté (de 16 %) et sont soumises à une grande incertitude.

Le rapport 2019 de l'Agence européenne pour l'environnement sur la qualité de l'air en Europe souligne que 14 000 décès prématurés ont été causés par l'ozone en 2016 ; le nombre d'années de vie perdues à cause de l'ozone y est également comptabilisé et s’élève à 149 000. L’Italie, l'Allemagne, l'Espagne, la France et la Pologne sont les États membres de l'UE présentant les plus grands impacts sur la santé. Et les pays ayant les taux les plus élevés d'années de vie perdues pour 100 000 habitants en raison de la pollution par l'ozone sont la Grèce et l'Italie.

Les émissions mondiales de méthane d'origine anthropique pourraient augmenter de 35 à 100 % d'ici à 2050 selon une série de scénarios pessimistes, ce qui entraînerait 40 000 (+ 12 %) à 90 000 (+ 26 %) décès prématurés de plus, dus à l'ozone par rapport aux niveaux d'ozone actuels.

En revanche, les scénarios de durabilité optimistes prévoient des réductions des émissions de méthane pouvant atteindre 50 % d'ici 2050, ce qui permettrait de sauver 30 000 (9 %) à 40 000 (12 %) vies dans le monde.

À l'exception des scénarios d'atténuation les plus rigoureux, la contribution relative du méthane à l'ozone de surface (et à ses impacts environnementaux) augmentera au cours des prochaines décennies.

De plus, l'ozone affecte les écosystèmes et les cultures agricoles. En 2016, le niveau critique (critical level CL) pour la concentration d'ozone a été dépassé dans 61 % de la superficie forestière totale de l'EEE 33. Une analyse des dommages causés par l'ozone à la végétation (dommages visibles, effets sur la croissance et le rendement) dans 17 pays européens a montré que les effets étaient mieux corrélés avec le flux stomatique modélisé que l'AOT40[1]. Le flux stomatique fournit une bonne indication des effets de l'ozone sur les plantes dans le tiers nord de l'Europe. En utilisant une mesure liée au flux, on estime des pertes de rendement des cultures de l'ordre de 13-14 % en Europe (ETC/ACM, 2018c).

La pollution de l'ozone dans l'UE n'est pas seulement due au méthane, plusieurs autres précurseurs entrent en jeu (NOx, COV notamment). Mais face à l'ampleur du problème, il faut s'attaquer à toutes les sources (et précurseurs) d'ozone, y compris le CH4.

En outre, les pics d'ozone sont fortement liés aux conditions météorologiques et favorisés par temps chaud, de plus en plus fréquents avec le changement climatique.

 

Politiques actuelles

En ce qui concerne la qualité de l'air et les émissions atmosphériques, la Commission européenne continue de veiller à la mise en œuvre des textes législatifs existants (directive sur la qualité de l'air ambiant, DQAA, et directive sur les plafonds d'émission nationaux en particulier, DNPCE). Ainsi, en faisant pression sur les États membres pour qu'ils réduisent leurs émissions de polluants atmosphériques dans le cadre de la directive sur les plafonds d'émission nationaux et pour qu'ils veillent au respect des normes AAQD, elle les incite fortement à réduire également le méthane, puisque plusieurs mesures présentent des avantages connexes entre les polluants.

  1. existe de multiples possibilités, dont les principales sont les suivantes : le "Green Deal" européen et la stratégie "de la ferme à la table" (ou  «  de la fourche à la fourchette »), le 8e programme d'action pour l'environnement ainsi que l'Agenda 2030.  
  2. Commission s'est engagée en outre à la vision d'un continent neutre sur le plan climatique, accompagnée d'une stratégie de Zéro pollution de la ferme à la table.

La cohérence des politiques est nécessaire : Agriculture - qualité de l'air - climat - énergie : tout doit être vu et traité ensemble.

Hormis le système européen d'échange de quotas d'émission, la stratégie climatique à long terme de l'UE ne dit pas comment les politiques doivent être conçues pour que les personnes, les entreprises et les agences agissent conformément au plan. Une fois que des objectifs juridiquement contraignants auront été adoptés, il appartiendra aux États membres et à l'UE de trouver des moyens appropriés pour les atteindre.

International : Dans le cadre de la Convention sur la pollution atmosphérique (LRTAP), les parties ont convenu, lors de la dernière réunion du groupe de travail sur la stratégie et l'examen, d'une liste proposée de sujets de discussion et d'examen dans le cadre du prochain examen du Protocole de Göteborg modifié. Cette liste inclut le méthane parmi les questions qui devront être examinées et discutées plus en détail au cours de ce processus d'examen. Le méthane a déjà été reconnu comme un sujet d'intérêt dans le cadre de la stratégie à long terme pour l'après-2020, adoptée en décembre 2018, notamment en raison de son rôle de précurseur de l'ozone.

L'UE soutient l'inclusion du méthane dans le processus de révision - qui devrait être lancé par l'organe exécutif en décembre 2019 - et attend les prochaines étapes. Le processus derevision est un processus d'évaluation qui peut conclure ou non que le protocole de Göteborg devrait être mis à jour, complété ou clarifié de quelque manière que ce soit.

 

Perspectives

Pour le méthane, le potentiel technique d'atténuation supplémentaire est limité mais peu coûteux. Les scénarios durables supposent des changements structurels dans les secteurs de l'énergie, des déchets et de l'agriculture, ainsi que la mise en œuvre de toutes les technologies de réduction des émissions actuellement disponibles pour être sur la voie de l'accord de Paris.

Après une transition vers l'abandon des combustibles fossiles, le secteur agricole sera la clé d'une Europe neutre sur le plan climatique. Au niveau mondial, des efforts spécifiques sont nécessaires pour réduire les émissions de méthane de toutes les sources en utilisant les technologies existantes pour limiter le réchauffement à court terme.

À long terme, les émissions autres que le CO2 (méthane et protoxyde d’azote) provenant de sources agricoles doivent être étroitement contrôlées par une combinaison de mesures techniques, institutionnelles et comportementales, en maintenant les émissions à un niveau qui peut être compensé par un changement d'affectation des terres ou d'autres mesures de compensation des émissions.

Les bénéfices de la réduction des émissions de méthane sont valables à l'échelle mondiale ; les stratégies d'atténuation mondiales sont donc les plus efficaces pour obtenir des avantages substantiels pour la santé pour les différentes régions du monde.

En Amérique du Nord et en Europe, le plus grand bénéfice pour le climat serait obtenu en mettant en œuvre des mesures visant à réduire les émissions de méthane provenant de l'extraction du charbon, de la production de pétrole et de gaz et à mieux gérer les déchets municipaux.

Selon la Commission, il est très important pour la qualité de l'air de surveiller le développement des émissions de méthane dans les États membres afin de réduire les concentrations d'ozone dans l'UE et de promouvoir les réductions de méthane au niveau international.

Elle confirme son intention d'évaluer plus avant l'impact des émissions de méthane sur la réalisation des objectifs de la directive NEC. Elle envisagera des mesures pour réduire ces émissions et soumettra une proposition législative à cet effet.

Messages clés

Les mesures prises permettront non seulement de réduire les émissions de méthane (et donc d'améliorer la situation de l'ozone), mais elles auront également d'autres effets positifs pour l'environnement.

Une agriculture moins intensive est bénéfique pour la réduction du méthane (donc pour le climat et l'air), mais également pour la biodiversité, la gestion des nutriments et, par conséquent, la qualité de l'eau.

Une meilleure gestion du fumier réduit non seulement les émissions de méthane, mais aussi les émissions d'ammoniac et le lessivage des nutriments. Elle est donc bénéfique pour tant pour le climat, l'air, l'eau que pour  la biodiversité en général.

La poursuite de la mise en œuvre de la directive sur la mise en décharge améiorera la gestion des déchets en général : moins de déchets, plus de recyclage, une meilleure réutilisation contribuera ainsi à l'économie circulaire.

S'éloigner des combustibles fossiles et développer davantage les énergies renouvelables non combustibles en général contribuera à réduire les émissions de méthane, ainsi que les émissions de CO2, les émissions de particules, de SO2, de COV, etc.

Ce sont toutes solutions gagnantes, à faible  coûts si l'on tient compte de toutes les repercussions.

Pour plus informations et présentations, nous contacter.

 


[1] AOT40 est la quantité d'ozone accumulée au-dessus de la valeur seuil de 40 ppb

 

 

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